+33 (0) 825 801 141 ou par mail »

  • Linkedin
  • Youtube
  • Anglais

Quel management pour les cinq prochaines années ?

Revue30 Alexandre LetenneurAlexandre Letenneur - Directeur Général Quaternaire

 

 

Ce trentième numéro que vous tenez entre vos mains marque une étape importante pour notre Revue, mais aussi pour Quaternaire…Depuis le dernier numéro, l’entreprise a efectivement franchi la barre psychologique des 10 M€ Une fierté bien sûr, la fierté de développer une entreprise solide et durable, mais aussi de la reconnaissance ; de la reconnaissance vis-à-vis de nos clients avec lesquels nous collaborons depuis plus de 30 ans! Merci pour votre confiance, votre fidélité, et pour votre audace dans nos projets communs! Fortede 2 ans d’avance sur son plan de marche à 2021, l’entreprise 100% indépendante lancera en début d’année son projet à 2023… avec de nouvelles ambitions. L’occasion dans ce numéro d’un brin de prospective sur ce qui nous attend dans les 4 ou 5 années à venir… 5 ans, à la fois loin et tout près quand on sait l’ampleur et la vitesse du mouvement qui nous brasse.

 

Nous sommes entrés dans l'économie de l'expérience et de la compétence

Les 10 années “digitales” qui viennent de s’écouler ont à la fois dynamisé la croissance, bouleversé les modèles de business, et contribué à la transformation de la société.

 

À l’image de ses “millenials” qui n’en sont que le reflet, celle-ci a largement évolué : désir d’instantanéité, comparaison systématique, intérêt pour le monde et ses causes supérieures, recherche d’un sens plus fort dans le travail, aspiration à la montée en compétence… Elle s’est notamment traduite par une exigence bien plus forte vis-à-vis de l’entreprise et du travail. Parallèlement, la dynamique du marché a créé une pénurie de ressources et de compétences sans précédent. L’attractivité et la capacité à fidéliser les collaborateurs sont devenus un facteur incontournable de réussite. L’exigence de performance économique et d’innovation nécessite une motivation dopée des collaborateurs ; celle-ci repose en grande partie sur la qualité de l’expérience vécue par chacun dans son métier et dans l’entreprise. Meilleure sera l’expérience quotidienne, meilleur sera l’engagement, meilleure sera la fidélité, meilleure sera la recommandation de l’entreprise en tant qu’employeur.
L’expérience vécue du collaborateur est désormais tout aussi critique que celle du client.
En matière de compétence, le digital a créé le plus grand choc de l’histoire. La machine bat déjà l’homme dans de nombreux compartiments de jeu: lecture d'une radiographie, montage d’un dossier de crédit, contrôle qualité sur ligne, ciblage marketing…*

 

Libéré de certaines tâches, l’homme devra développer la compétence pour en intégrer d’autres, au moins aussi critiques : utilisation des outils, décisions accompagnées par la machine, écoute du client, recherche des améliorations, développement du service... Quant au manager, il est libéré des reportings, des contrôles,des normes,de l aplanification… et peut se focaliser davantage sur la montée en compétence de ses équipes, sur les décisions que la machine ne peut pas prendre pour lui et sur ce qui exige le plus de compétences humaines : le jugement personnel, la réflexion, l'interprétation, la créativité, l'innovation, le terrain, la responsabilité, le bon sens, etc.
La révolution digitale est donc avant tout la révolution du rôle de l’homme, et celle de ses compétences…

 

2024... Exploiter le potentiel du digital... et prendre ses impacts à bras le corps

Notre management 2024 sera “100% connecté” pour exploiter tous les potentiels à valeur ajoutée du digital, et surtout pour intégrer ce contexte et accompagner ses impacts. Vigilant face aux tendances et aux croyances, le management 2024 écoutera avant tout ses “troupes”, avant les dogmes et recettes du net ; évitant de servir du yoga à des collaborateurs qui recherchent de l’audace, de l’initiative, de la reconnaissance ; évitant de supprimer l’autorité quand les collaborateurs en demandent plus ; et s’efforçant de traiter les problèmes du quotidien.
Le temps libéré par l’IA est une véritable opportunité de passer plus de temps sur le terrain auprès des équipes, moyennant de le réinvestir au bon endroit.

 

Cette écoute et cette présence seront déterminantes dans l’expérience vécue par les collaborateurs. Nous ne pourrons pas envisager quelque transformation digitale que ce soit sans s'interroger en permanence sur la façon de faire évoluer les compétences et les métiers. En se rappelant que le digital bouleverse la répartition des tâches entre managers et collaborateurs, et donc qu'un accompagnement profond des deux populations est nécessaire. Le digital apporte de réelles opportunités de simplification, il constitue un véritable levier du lean. Mais, l'usine ou l’agence bancaire performante restera celle qui fait de la performance économique, clients, et sociale, et non celle qui sera la plus 4.0. Collecter de la data pour améliorer le TRS, la qualité clients, l’action commerciale ne sert à rien si on n'exploite pas ces données pour augmenter nos performances. Une transformation digitale réussie est une transformation qui se traduit par un gain sur ce qui était clé pour vous dans l'amélioration de la performance ; le management 2024 se demandera ce qu’il veut améliorer avant de digitaliser !
Restera la question du client… Se connecter au client, c'est se concentrer sur ce qui est déterminant dans la satisfaction et que l'IA ne pourra faire pour nous. L'IA n'incarne pas encore la prise de responsabilités, facteur clé de la confiance client, pas plus le discernement…

 

Si l'IA devient peu à peu bien meilleure que le process, travaillons la “chaleur ajoutée” avant qu'elle ne nous dépasse aussi sur ce plan.
Et la mission du management sera de faire émerger chez les collaborateurs cette “chaleur ajoutée” pour le client.

 

Enfin, intégrons que, bien plus qu’un simple lieu de travail, l’entreprise a endossé un rôle de pilier social concentrant de nombreuses attentes. Plus que jamais, les organisations sont attendues sur ce terrain : contribuer à rendre notre société meilleure… Nos collaborateurs nous attendront là-dessus, c'est un fait et une bonne nouvelle!